Quand être un homme "cis-hétéro" devient un stigmate
Quand être un homme "cis-hétéro" devient un stigmate,(et c'est une femme qui a été abusée qui en parle).
Aujourd'hui, une nouvelle forme de malaise grandit chez de nombreux hommes. Ils sont blancs, hétérosexuels, "cisgenres" (en accord avec leur genre de naissance).
Sur le papier, ils détiennent les clés du pouvoir. Pourtant, dans leur ressenti intérieur, ils se sentent de plus en plus stigmatisés, comme s'ils portaient la responsabilité de tous les maux de l'histoire.
La culture populaire (films, séries, médias) a opéré un basculement radical. Pour dénoncer les abus du passé, elle a créé de nouveaux archétypes :
- Le "Ménchant" par défaut : Dans beaucoup de fictions contemporaines, l'antagoniste est quasi systématiquement l'homme blanc hétérosexuel de pouvoir. Il incarne le patriarcat, la prédation ou l'oppression.
- Le "Ridicule" ou l'Inutile : À l'inverse, pour laisser de la place aux nouveaux modèles, l'homme hétéro classique est souvent dépeint comme maladroit, c@stré, dépassé, ou émotionnellement limité.
- Le poids de la "Masculinité Toxique" : Bien que ce concept vise des comportements (domination, violence), il est souvent reçu par les hommes comme une attaque contre leur nature même.
Beaucoup finissent par se demander : "Comment puis-je être un homme fier, sans être un agresseur en puissance ?"
Cette stigmatisation crée une autre forme de dissociation. À force d'entendre que leur "groupe" est responsable des chasses aux sorcières, de l'esclavage et des viols, certains hommes finissent par :
- S'excuser d'exister, étouffant leur force vitale et leur bassin par peur d'être "trop".
- Se braquer, ce qui les pousse vers des discours de haine ou des mouvements radicaux où ils se sentent enfin "validés". Le mouvement masculiniste en est la preuve.
Si nous voulons que les hommes descendent dans leurs ombres, ils ne doivent pas s'y sentir poussés par la HONTE.
La honte n'a jamais guéri personne ; elle ne fait que créer plus de retrait et de sidération. (On sait ce que cette honte a crée dans nos vvlves).
Le défi de notre siècle est de permettre à l'homme blanc hétérosexuel de retrouver une souveraineté saine.
Une force qui ne soit pas de la domination, mais de la protection.
Un bassin qui ne soit pas de la prédation, mais de la co-création.
Nous ne pouvons pas demander aux hommes de "faire le job" de reconnaissance de leurs blessures si nous les enfermons tous d'office dans le rôle du coupable.
L'humanité est une danse entre le féminin et le masculin. Si l'un des deux est amputé de sa fierté d'être, l'équilibre est rompu pour tous.
Reconnaître les prédateurs est une nécessité de SURVIE, mais honorer l'homme qui cherche sa place avec sincérité est une nécessité de PAIX.
LA vie depuis l’intérieur
Là où elle prend corps.
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